Histoire du bagne

L’ensemble architectural formé par le bagne et le pavillon de l’Horloge, précieux témoin de l’histoire de Nice et de son comté, nous livre ses secrets.

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En 1749, le roi de Sardaigne, Charles-Emmanuel III, choisit l’anse de Lympia pour y établir le port de Nice.
Le lieu, marécageux dans sa partie basse et agricole sur les coteaux, doit son nom au ruisseau de Lympia dont l’eau est, à l’époque, reconnue comme excellente. Dès son ouverture en 1752, le port prend naturellement le nom du site.

D’importants travaux sont réalisés jusqu’en 1775 pour accueillir les navires de commerce, comprenant la construction de deux môles fermant l’entrée des bassins. L’actuelle Galerie Lympia est un élément du môle intérieur, achevé en 1775.

Image en taille réelle, .JPG 739Ko (fenêtre modale)|Détail d’une gravure d’Albanis Beaumont montrant le môle intérieur, 1787 - Bibliothèque municipale de Nice
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Image en taille réelle, .JPG 2.1Mo (fenêtre modale)|Élévation du pavillon de l’horloge (projet), 1836 - ADAM, 1FS882
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L’édifice comprend deux parties : une longue galerie en pierres de taille, voûtée et percée d’arcades, baptisée Lou barri lonc par les Niçois, et un élégant pavillon de style néoclassique coiffé d’un clocheton à horloges. 
Son histoire commence en 1750, avec le creusement du port. Un môle fermant l’entrée du port est alors construit, abritant des magasins qui servent à entreposer l’outillage utilisé pour les travaux.

Vers 1802, pendant la période française, le bâtiment devient un bagne militaire pour les soldats et une cour est aménagée pour la promenade.
En 1814, les autorités sardes lui conservent cet usage. Ce sera jusqu’en 1850 un bagne maritime, annexé à celui de Villefranche.
À partir de 1826, la monarchie sarde y réalise d’importantes améliorations comprenant notamment, pour les gardiens, la construction de deux pavillons à chaque extrémité du bâtiment : au nord le pavillon de l’horloge (1826), au sud le pavillon du bagne (1836, démoli en 1938).

Le rez-de-chaussée voûté est transformé en 1835 pour empêcher les évasions: portes avec serrures extérieures et gonds inversés, grilles à barreaux contrariés, bat-flancs maçonnés sur lesquels les forçats dorment enchaînés.
À l’extrémité nord, sous le pavillon de l’Horloge, une chapelle et des cellules individuelles viennent compléter cet aménagement. 
Les installations étaient prévues pour « accueillir » une centaine de forçats et une dizaine de gardes-chiourmes mais ce chiffre n’a vraisemblablement jamais été atteint.
Après l’annexion de 1860, le bagne sert de prison de 1862 à 1887, pour les détenus condamnés à des peines de courte durée, avec une annexe pour les femmes logées dans les étages supérieurs du pavillon de l’Horloge.
Il connaîtra ensuite différents occupants, dont l’armée. 

Image en taille réelle, .JPG 428Ko (fenêtre modale)|L’entrée du port en 1864 - Gravure publiée dans Nice et Savoie
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C’est aujourd’hui le seul bagne conservé dans son état d’origine sur le territoire français, avec ceux de Nouvelle-Calédonie et de Guyane.

Précieux témoin de l’histoire de Nice et de son comté, l’ensemble architectural formé par le bagne et le pavillon de l’Horloge devait naturellement prendre le nom du port dont il a accompagné le développement depuis plus de 250 ans.

En le baptisant Galerie Lympia, le Département  a imaginé pour ce lieu un nouveau destin, celui d’un acteur du rayonnement culturel des Alpes-Maritimes.

Image en taille réelle, .JPG 739Ko (fenêtre modale)|Le bâtiment du bagne dans le contexte du port, photographie Charles Nègre, 1868 - ADAM, 8Fi68© DR